Pourquoi le ronflement se produit-il en cas de congestion nasale : l'anatomie et la mécanique sous-jacentes
Valves nasales et résistance au flux des voies respiratoires supérieures
Lorsque les voies nasales sont congestionnées, cela entraîne un gonflement des tissus nasaux, notamment au niveau des valves nasales (structure des voies respiratoires supérieures). À ce moment-là, les tissus des valves nasales s'effondrent et la résistance des voies respiratoires augmente considérablement. Cet effondrement accroît la résistance au flux des voies respiratoires supérieures jusqu’à 300 % (Young et al., 1997). Il en résulte un écoulement d’air turbulent suffisamment intense pour provoquer des vibrations des tissus mous du palais situé au-dessus des cordes vocales (supraglottique) ainsi que des tissus entourant le palais, ce qui cause le ronflement. Des études récentes ont démontré que la congestion nasale obéit à la loi de l’effondrement des valves nasales : la majorité (68 %) des personnes présentant à la fois une congestion nasale et des ronflements, dans l’échantillon étudié, présentaient un effondrement des valves nasales. Cela suggère que l’effondrement des valves nasales constitue un facteur majeur dans la perturbation des tissus du palais mou.
Différencier les obstructions structurelles des obstructions temporaires : implications pour le ronflement
Les obstructions temporaires, telles que les allergies, la rhinite ou les irritants nasaux, répondent bien à l’utilisation de bandes nasales. Ces dispositifs se sont révélés capables d’augmenter le débit aérien nasal de plus de 31 % dans les cas légers (Journal of Sleep Medicine, 2021). En revanche, les obstructions structurelles, telles que la déviation septale, l’hypertrophie des cornets nasaux et les polypes nasaux, répondent mal à un degré similaire de dilatation nasale, jusqu’à 74 % dans le cas des bandes nasales. Ces dispositifs interventionnels déséquilibrés — dilatateurs nasaux et bandes nasales — ont été démontrés comme affectant simultanément le flux nasal. Une classification différente de l’obstruction nasale détermine les limites d’utilisation d’un dispositif clinique destiné à soulager l’obstruction nasale, ainsi que la nécessité d’un dispositif diagnostique clinique permettant d’assurer un niveau équivalent de soulagement de l’obstruction.
Les dispositifs anti-ronflement aident-ils contre le ronflement lié à la congestion nasale ?
Les bandes nasales externes sont-elles efficaces ?
Les bandes nasales externes s'appliquent sur la surface externe du nez afin d'écarter la valve nasale et de réduire la résistance lors de l'inspiration, ce qui facilite le flux d'air. En cas de ronflement congestif, la réduction de la résistance liée à la respiration nasale peut atteindre jusqu'à 30 %. Toutefois, il a été démontré que les bandes nasales externes sont surtout efficaces en cas de congestion nasale à court terme, due à une inflammation légère et réversible. Cette étude a montré que 42 % des participants ont signalé une diminution du ronflement, tandis que les 58 % restants n'ont constaté qu'une très faible amélioration ou aucune modification du ronflement ; la majorité des participants ont indiqué que leur congestion était attribuable à un problème structurel sévère. Bien que les bandes nasales externes soient non invasives et présentent un risque faible, elles s'avèrent inefficaces contre le ronflement pharyngé ou lié à la langue, ainsi que contre les causes plus profondes de congestion situées au-delà de la valve nasale.
Les dilatateurs nasaux internes sont-ils efficaces ?
Les dilatateurs nasaux internes positionnent les parois latérales des voies nasales en position ouverte à l’aide d’une structure de soutien flexible. Cette structure de soutien permet aux parois internes des voies nasales de rester ouvertes, empêchant ainsi leur effondrement, tout en réduisant les turbulences de l’écoulement d’air et les vibrations tissulaires. Bien que des études cliniques aient montré que les dilatateurs nasaux internes peuvent réduire le ronflement lié à la congestion (en association avec une humidification domestique) jusqu’à 50 %, il a également été signalé qu’une personne sur cinq (20 %) de celles qui tentent d’utiliser des dilatateurs nasaux comme solution contre le ronflement y renonce, principalement en raison d’un inconfort ressenti et d’un mauvais ajustement.
La vérité mise à nu : pourquoi les dispositifs anti-ronflement sont inefficaces
L'effondrement de la langue, la laxité des parois du pharynx et les vibrations laryngées provoquent un ronflement d'origine extra-nasale. Les dispositifs anti-ronflement se révèlent généralement inefficaces lorsque le ronflement résulte de ces phénomènes. Même dans le cas d’un ronflement nasal (et non extra-nasal), le degré d’obstruction nasale influe sur l’efficacité de ces dispositifs. Des données cliniques montrent que, dans les cas d’obstruction nasale légère, les dispositifs anti-ronflement permettent une amélioration d’environ 60 %, tandis que, dans les cas d’obstruction sévère, ils ne produisent pas de résultat significatif. Par-dessus tout, un ronflement qui s’aggrave progressivement, notamment lorsqu’il est associé à des pauses respiratoires observées par un tiers, à une somnolence diurne et à des épisodes de goulots d’air (« breath gasps »), peut traduire une apnée obstructive du sommeil. L’apnée du sommeil non diagnostiquée par un spécialiste ne doit pas être traitée à l’aide de ces dispositifs ; privilégiez plutôt une polysomnographie (étude du sommeil) formelle et, si nécessaire, une thérapie spécialisée du sommeil, telle que la thérapie par pression positive continue des voies aériennes (CPAP) ou l’utilisation d’appareils buccaux.
La méthode la plus efficace : association de dispositifs anti-ronflement et de décongestionnasale
Association de solutions salines, de décongestionnants topiques et d’humidificateurs
La rhinite allergique entraîne une accumulation de mucus et de débris, provoquant une altération de la couche muco-ciliaire nasale. La solution saline isotonique aide à restaurer cette couche muco-ciliaire. Une utilisation à court terme d’un décongestionnant, tel que l’oxymétazoline, permet une réduction ciblée de l’œdème. Toutefois, ces substances peuvent provoquer l’effet secondaire plus grave de la rhinite médicamenteuse et doivent donc être limitées à un maximum de 3 jours. Bien que les voies respiratoires deviennent généralement de plus en plus obstruées par l’accumulation de sécrétions visqueuses, de nombreux humidificateurs permettent d’atteindre un taux d’humidité ambiante compris entre 40 % et 60 %, ce qui empêche le dessèchement des voies respiratoires. Ces approches peuvent être utilisées de façon synergique pour décongestionner les voies nasales et réduire l’œdème, tandis que la solution saline contribue au maintien du bien-être de la muqueuse nasale, sans provoquer d’irritation secondaire. L’association de ces mesures de soutien à des dispositifs nasaux, tels qu’un dilatateur nasal et des rinçages nasaux quotidiens à l’eau salée, a permis, selon des études, de réduire le ronflement de 37 % de plus que l’utilisation du dispositif seul, en cas de congestion nasale légère. Une thérapie insuffisante par dispositif affecte à la fois la mécanique et l’inflammation de la muqueuse nasale. Ces dispositifs ne gênent pas le flux d’air.
Lorsqu’il est temps de consulter un médecin : les signes indiquant que les dispositifs anti-ronflement ne peuvent pas aider
Polypes nasaux, rhinosinusite chronique, déviation de la cloison nasale – Les solutions en vente libre ne sont pas efficaces
Si vous ronflez et avez utilisé à répétition des bandes nasales ou des dilatateurs nasaux, accompagnés d’une pression faciale, d’un écoulement nasal chronique, d’un écoulement post-nasal ou d’apnées du sommeil, vous pourriez souffrir d’une pathologie. L’écoulement post-nasal et l’inflammation entraînant une obstruction des voies respiratoires nasales signifient qu’il existe une obstruction fixe ou récurrente des voies aériennes, qui ne peut être résolue par des dispositifs en vente libre. Dans ces cas, un diagnostic objectif est requis. D’autres affections pouvant poser problème sont la sinusite chronique, la dilatation post-nasale ou les polypes nasaux. Ces affections provoquent également une obstruction nasale. Malheureusement, tous les médecins ne connaissent pas la différence. Un spécialiste ORL sera en mesure de distinguer ces pathologies afin que le traitement ne soit pas uniquement orienté vers les symptômes.
Questions
Quel rôle joue la congestion nasale dans le ronflement ?
La congestion nasale provoque un gonflement des tissus nasaux. Cette paroi constitue une barrière importante entourant la cavité nasale ; elle s'affaisse et augmente la résistance des voies respiratoires, ce qui accroît à son tour la turbulence du flux d'air, entraînant des vibrations des tissus. Cette résistance et l'augmentation de la turbulence autour de la valve nasale, causées par la paroi tissulaire, amplifient également ces vibrations. Cela conduit à une augmentation de la turbulence autour de la valve nasale, ce qui provoque le ronflement.
Les dispositifs anti-ronflement peuvent-ils être utilisés pour tenter de résoudre le ronflement lié à la congestion nasale ?
Certains dispositifs en vente libre, tels que les bandes nasales et les dilatateurs nasaux, peuvent aider à atténuer le ronflement lié à la congestion nasale, ce qui n’est pas négligeable. Toutefois, ces dispositifs ne sont pas efficaces en cas d’obstructions structurelles.
Quelles sont d’autres options permettant de soulager le ronflement lié à la congestion nasale ?
Oui, il existe d'autres options permettant de réduire le ronflement lié à la congestion nasale, telles que les dispositifs anti-ronflement et les traitements contre la congestion nasale, par exemple les gouttes décongestionnantes et les sprays salins nasaux, ainsi qu’un taux d’humidité intérieure adapté, qui peut être maintenu. Un taux d’humidité intérieure adéquat contribue à atténuer le ronflement lié à la congestion nasale.
Quand est-il nécessaire de consulter un professionnel de santé pour traiter le ronflement ?
Un ronflement persistant non soulagé par les dispositifs anti-ronflement doit être évalué par un professionnel de santé si vous ressentez une pression faciale ou un écoulement nasal chronique, ou si des pauses respiratoires sont observées. Ces signes suggèrent la présence d’une affection médicale à l’origine du ronflement, telle qu’une déviation de la cloison nasale ou la présence de polypes nasaux.